L’industrie agro-alimentaire reçoit 3 millions d’euros de subvention de l’Union Européenne afin de promouvoir l’abaissement des normes alimentaires.

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Aujourd’hui (15 oct.), l’Association européenne des fruits et légumes Freshfel et quelques instituts nationaux présentent les résultats du programme ACROPOLIS sur « L’évaluation des risques » de mélanges de résidus de pesticides différents dans les aliments.  ACROPOLIS a obtenu environ 3 millions d’euros du programme-cadre de recherche de l’Union Européenne pour développer un outil visant à établir des niveaux de sûreté pour le mélange de résidus de pesticides dans les aliments auquel tous les consommateurs européen sont exposés. Mais le chef du projet Jacob van Klaveren –  qui a des liens étroits avec l’industrie et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) – reconnaît que le projet vise principalement « à démontrer que l’utilisation des pesticides est sans danger ».

L’évaluation des risques est un outil statistique calculant la probabilité de voir des consommateurs exposés à des doses trop importantes de combinaison de résidus de pesticides. Cette évaluation est basée sur des hypothèses irréalistes telles que le fait que les gens achètent de la nourriture dans chaque magasin à travers leur pays. Et cet outil permet commodément d’avoir une partie des consommateurs exposés au-delà des limites de sécurités et sans être protégés. Exposer les gens à des niveaux dangereux de pesticides constitue une violation du règlement sur les pesticides puisque les pesticides  « ne doivent pas avoir d’effets nocifs sur la santé humaine, et en particulier les groupes vulnérables. » (article 4).  L’outil préconisé par ces inter-professions de l’agro-alimentaire signifierait que les effets combinés des pesticides (effets cumulatifs) peuvent facilement être qualifiés d’acceptables et la mise à disposition dans le règlement pour protéger les gens contre les effets des mélanges serait laissée «lettre morte».

PAN Europe estime qu’il est inacceptable que la Commission européenne et l’EFSA soutiennent  ces propositions de l’industrie qui sont techniquement défectueuses et placent en tête les intérêts de l’industrie, négligeant la santé publique. Pesticides Action Network Europe (PAN Europe), réseau présidé par notre porte-parole François Veillerette, a déjà informé le Commissaire Borg en charge de la santé de ne pas accepter cet outil et est toujours en attente d’une réponse.

Il est intéressant de noter le « double rôle » des personnes impliquées dans le programme ACROPOLIS et leurs liens avec l’industrie.  Les mêmes experts dans les comités de l’EFSA ont un rôle de premier plan dans ce programme alors qu’ils sont clairement identifiés comme ayant des liens avec l’industrie et le lobby industriel ILSI (International Life Science Institute). Le programme est géré par Jacob van Klaveren issu d’un institut néerlandais. Il a d’abord fait partie d’un groupe de travail de l’EFSA conseillant d’utiliser « l’évaluation des risques » et profite maintenant de sa propre proposition. Hans Muilerman, chargé de mission à PAN-Europe,  commente cette étrange « coïncidence » : « Il s’agit d’un cas évident de « double-rôle » et d’opinion biaisée. Van Klaveren a des liens étroits avec l’industrie et l’ILSI.  D’autres personnes ayant des liens étroits avec l’industrie ont réussi à faire partie des comités de l’EFSA, comme Angelo Moretto et Alain Boobis (du conseil d’administrations de l’ILSI), et sont également impliqués dans le programme ACROPOLIS ».

Traduction Générations Futures – Le communiqué de PAN-Europe en anglais