Résidus pesticides: dernières données européennes

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L’EFSA vient de publier son dernier rapport sur les résidus de pesticides dans les aliments. Il concerne des analyses d’aliments  analysés en 2011. De toute évidence ce long délai entre le prélèvement et la publication des résultats est problématique car il ne permet aucune réactivité de la part des pouvoirs publics.
Si la profession agricole a communiqué sur le fait que ce rapport montre que les taux de dépassement des Limites Maximales en Résidus ( LMR) de pesticides sont en moyenne faible il convient d’analyser ce rapport plus en profondeur. C’est ce que nous avons fait en regardant de plus prêt le plan de surveillance 2011 qui vient d’être publié pour les céréales, les légumes et les fruits et en comparant les résultats trouvés dans ces analyses de 2011 ( publiés donc cette année)  avec ceux trouvés en 2010 ( publiés l’an dernier).
Si on s’aperçoit que les taux de dépassement des LMR pour les pesticides ont légèrement baissé entre 2010 et 2011 pour les fruits ( de 2.84% à 2.34%) et pour les légumes ( de 3.85% à 3.43%), il n’en est pas de même pour les céréales puisque les dépassement de LMR sont passés de 0.74% en 2010 à 1.4% en 2011, soit le double.
Plus généralement les taux de présence de résidus de pesticides ( inférieurs ou supérieurs aux LMR) ont augmenté entre 2010 et 2011, passant :
  • de 38.73% à 39.19% pour les céréales.
  • de 29.44% à 33.4% pour les légumes.
  • de 52.64% à 54.4% pour les fruits.
Parallèlement le taux de multirésidus ( le pourcentage d’échantillons contenant 2 ou plus de 2 résidus de pesticides différents) a lui aussi augmenté, passant de 20.51% des échantillons en 2010 à 22.21% en 2011 !
Le problème pausé par la présence de très nombreux résidus de pesticides dans nombres d’aliments végétaux est donc loin d’être réglé, bien au contraire, et Générations futures continuera dans les mois et années à venir son travail de vigilance sur ce sujet.” déclare François Veillerette, porte parole de Générations futures.”Nous serons d’autant plus vigilants que les LMR ne tiennent pas compte des effets à faible dose, possiblement sans seuil, des pesticides perturbateurs endocriniens et donc  que les effets évalués des résidus de pesticides sur la santé sont donc très certainement largement sous estimés” Ajoute t’il.