Révision du plan Ecophyto sur l’usage des pesticides : Il n’est pas question de recommencer tous les 10 ans !

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Révision du plan Ecophyto sur l’usage des pesticides : Il n’est pas question de recommencer tous les 10 ans !

Echec du plan Ecophyto 2018. Les résultats sont là, sans appel. Le rapport Potier[1] en est le constat. Ce rapport, pour lequel GF fut auditionné et présenté en décembre, a le mérite de présenter un certain nombre de mesures intéressantes, reprises à son compte ce jour par le Ministre de l’agriculture, S Le Foll lors du CNOS présentant la V2 du plan Ecophyto. Cette révision du plan était évidemment nécessaire car le constat d’échec du plan était patent, comme l’atteste les mauvais chiffres, année après année, portant sur l’objectif de réduction de l’usage des pesticides[2], échec enfin admis même si ce ne fut pas toujours le cas[3].

Les grands axes de la révision. Pour M. Le Foll, il faut notamment mettre l’accent sur l’optimisation du matériel et le soutien au biocontrôle. Avec ces premières mesures (que de nombreux agriculteurs ont déjà prises depuis 10 ans ….) qui misent sur du matériel plus performant, plus précis (avec des systèmes de buses anti dispersion par exemple), la réduction se fera à la marge, de quelques pourcentage, mais au final cela maintien l’agriculteur dans un système dépendant aux pesticides. La « couche » supplémentaire réside dans le développement et le soutien aux produits de biocontrole. Avec ces produits, dont il faudra finement contrôler les risques et impacts sanitaires/environnementaux, la réduction nous amènera aux alentours 20-25%. Le bémol reste qu’un produit de synthèse ne se remplace pas par un produit biocontrôle sans penser à l’évolution du système de culture en profondeur ! Donc, si on veut vraiment faire évoluer le système, et atteindre cet objectif de 50%, il faudra tout mettre en œuvre pour contraindre et accompagner les filières vers des systèmes, réellement alternatifs. C’est là que les vraies difficultés se font jour !

Maintenir le cap et ne pas faiblir ! Pour obtenir des résultats positifs, il faudra réellement appliquer et valoriser certaines des mesures mises en avant dans le rapport Potier comme celles qui mise sur l’évolution des systèmes de culture (eh oui il faudra faire de l’agronomie avant de faire de la chimie…), le développement de l’Agriculture Biologique ( avec + de moyens + de soutien à la conversion) et récompenser les plus vertueux tout en sanctionnant les autres notamment avec les certificats d’économie de pesticides avec un objectif contraignant pour les distributeurs (il faudra bien prendre garde que ce dispositif ne soit pas être dévoyé comme cela est parfois le cas avec les certificats d’économie d’énergie). Il sera aussi essentiel de vraiment pousser fort sur la formation (initiale et continue) à des modes de cultures alternatives, et renforcer le transfert des connaissances entre la recherche et les acteurs de terrain, sans quoi les blocages perdureront. Surtout il sera urgent de ne pas plier à la moindre pression du lobby agricole et agroalimentaire dominant.

« Aujourd’hui la grande culture représente à elle seule 70% des usage de pesticides, la viticulture 20%  de ces usages. Avec 2 types de cultures nous avons près de 90% de tous les usages de pesticides. Si on travaille efficacement sur ces cultures, l’effet positif pourrait se faire sentir rapidement. Sur la grande culture, dans de nombreux domaines, la recherche a déjà produit des effets comme le prouve des recherches réalisés en Picardie/Normandie qui montrent que lorsque des fermes tentent le défi, elles ne perdent pas en rentabilité. 4 Années sur 5 les exploitations sont même plus rentables ! Tout cela rendu possible par l’accompagnement de techniciens formés à ces techniques alternatives ».  déclare F. Veillerette, porte-parole de Générations Futures. « Il n’est plus temps d’attendre. Il n’est pas question que dans 10 ans on refasse le constat de l’échec et qu’on reparte à zéro avec un nouveau plan qui reculerait encore l’objectif de réduction. Le système actuel est à bout de souffle, tous les signaux sont aux rouges (pollution des eaux, de l’air, perte en biodiversité, impacts sanitaires avérés….). Il n’est en effet plus temps de tergiverser mais bien d’agir. Des agriculteurs conventionnels ont déjà décidés de dire stop avec le soutien de leur coop. Bien sûr le cheminement est long mais au bout du compte, chacun y gagne contrairement au système actuel qui ne profite qu’à quelques-uns. Gageons que d’autres suivront et qu’ils seront pour cela récompensés et fortement soutenus. Nous y veillerons scrupuleusement. » conclut-il.

La presse en parle

Tout les documents du ministère de l’Agriculture sur le plan Ecophyto V2 – An 1 de l’Agro-ecoogie