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Corps humain

Des pesticides dans notre corps

La contamination généralisée de l’environnement (air, eau de pluie, eau de boisson…) et de la nourriture par les pesticides rend inévitable la contamination de l’être humain par ces mêmes pesticides.

Les pesticides le plus souvent retrouvées dans les organismes humains sont bien sûr les pesticides les plus persistants et qui possèdent des propriétés de bioaccumulation. Ces pesticides se concentrent dans les graisses à des teneurs de plus en plus importantes au fur et à mesures qu’ils remontent la chaîne alimentaire. Cependant les pesticides les moins persistants sont fréquement détectés dans les urines, ce qui veut dire qu’ils passent dans le corps et que l’impact qu’ils peuvent avoir sur l’organisme n’est pas toujours anodin, comme on le verra plus loin.

Depuis 1980, plus de 150 études réalisées dans 61 pays et régions du monde ont trouvé des POPs dans les tissus adipeux dans le cerveau, dans le sang, dans le lait maternel, dans le foie, dans le placenta, dans le sperme et dans le sang du cordon ombilical des êtres humains dont de nombreux pesticides (Chemical Trespass, a toxic Legacy. WWF-UK. July 1999.).

Très récemment, le très sérieux Institut national de veille sanitaire (INVS) a publié une étude qui montrait que les Français avaient plus de pesticides dans le sang que les Américains ou les Allemands.

Pour la première fois en France, les concentrations biologiques de plusieurs polluants de l’environnement ont été mesurées par l’INVS sur un échantillon représentatif de la population. L’exposition de la population française à divers polluants de l’environnement a été estimée par la mesure de 42 biomarqueurs d’exposition. Ils correspondent à des contaminants chimiques de l’alimentation et de l’environnement retenus en fonction de leur intérêt en santé publique : 11 métaux, 6 PCB et trois familles chimiques de pesticides (organochlorés, organophosphorés et pyréthrinoïdes). Ces substances chimiques ou leurs métabolites ont été dosés dans des prélèvements de sang, d’urine, ou de cheveux recueillis auprès d’un échantillon de la population dans le cadre de l’Étude nationale nutrition santé (ENNS).

Pour les organochlorés le niveau d’imprégnation est bas, confirmant une exposition à des produits interdits depuis des dizaines d’années maintenant. Exception, l’exposition au paradichlorobenzène est 10 fois plus importante en France qu’en Allemagne, sans doute parce que ce produit a été beaucoup utilisé comme antimite, désodorisant ou désinfectant.

Mais 90% de la population est contaminée par les organophosphorés ! Le niveau de métabolites de ces insecticides neurotoxiques trouvés dans les urines des français sont similaires à ceux des allemands et supérieurs à ceux des américains.

Les métabolites des pesticides pyréthrinoïdes ont été retrouvés dans plus de 80 % des échantillons. Les niveaux moyens français des métabolites des pyréthrinoïdes semblent environ trois fois plus élevés que ceux observés aux États-Unis.

L’inquiétude est grande lorsque l’on retrouve ces résidus pouvant être toxiques chez les femmes enceinte. En effet ; la période d’exposition est l’un des critères majeur à prendre en compte pour mesurer l’impact potentiel de ces toxiques sur l’Homme. Or, une étude espagnole montre que chez 100% des 308 femmes enceintes espagnoles suivies, ayant ensuite donné naissance à des enfants en bonne santé entre 2000 et 2002, on a trouvé au moins un type de pesticide dans le placenta. On a observé que le placenta de ces femmes contenait en moyenne 8 substances chimiques différentes, et parfois jusqu’à 15.«Maternal-child exposure via the placenta to environmental chemical substances with hormonal activity», M. Lopez Espinosa, université de Grenade, Espagne. 2007.

Il est à noter que des études montrent très clairement une baisse significative de la présence des pesticides dans les urines des enfants  à partir du moment où ils consomment des aliments bio.

Contribution de l’alimentation à l’exposition des enfants des villes aux pesticides : la preuve par le « bio » ?Publié le 22/01/2008 Journal d’information médicaleDr Claudine GoldgewichtDosages des métabolites urinaires de pesticides à l’appui, une étude menée aux États-Unis, a évalué, au cours des quatre saisons, l’exposition aux pesticides organophosphorés via l’alimentation conventionnelle chez des enfants habitant en milieu urbain ou sub-urbain, à Seattle ou dans sa banlieue, en incluant une période de passage à une alimentation « bio ».Cette étude, menée de 2003 à 2004, a porté initialement sur 23 enfants âgés de 3 à 11 ans, vivant dans un environnement sans utilisation domestique de pesticides avant et pendant l’étude. Ces enfants, recrutés dans trois écoles, ont eu une alimentation conventionnelle au cours de l’année d’étude, sauf cinq jours consécutifs durant, en été et en automne, où ils ont consommé des fruits, jus de fruits et légumes « bio », correspondant à ceux, « non-bio », consommés auparavant.Au cours de l’année d’étude, les métabolites du malathion, du chlorpyrifos et d’autres pesticides organophosphorés ont été dosés sur des prélèvements effectués deux fois par jour sur une période de 7 jours consécutifs en hiver et au printemps, 12 jours consécutifs en automne, et 15 en été. Au total, 724 échantillons urinaires ont été recueillis en été, 516 en automne, 260 en hiver et 257 au printemps, et adressés pour dosages aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC), et l’analyse finale a porté sur 19 enfants, pour lesquels le protocole de recueil urinaire avait été suivi.La fréquence de détection urinaire variait selon les métabolites ; le métabolite du chlorpyrifos avait le taux de détection le plus élevé (91 %), venait ensuite celui du malathion (66 %), les taux des autres métabolites organophosphorés se situant entre 9 et 25 %. Au bout des cinq jours de substitution des fruits et légumes conventionnels par des fruits et légumes « bio », les résultats montrent, que l’intervention ait eu lieu en été ou en automne, une réduction des concentrations médianes des métabolites du malathion et du chlorpyrifos, concentrations devenues alors non détectables ou quasi non détectables. Puis, dès que les enfants ont repris une alimentation conventionnelle, les concentrations urinaires des métabolites sont revenues à leurs niveaux des jours précédant l’introduction des aliments « bio ».Les résultats montrent aussi le rôle de la saisonnalité, correspondant à la consommation de fruits et légumes frais, seul facteur contributif aux niveaux urinaires des métabolites du malathion et du chlorpyrifos mis en évidence dans cette étude.Dans un contexte où la plupart des études publiées ont porté leur attention sur l’exposition aux pesticides des enfants vivant dans des environnements agricoles, cette étude, longitudinale, qui a évalué l’exposition aux pesticides organophosphorés d’enfants d’une ville, Seattle, en répétant les dosages urinaires des métabolites spécifiques, montre que la principale source d’exposition des enfants de cette étude à ces polluants est l’alimentation. Les auteurs précisent que leur intention n’est pas de prôner la limitation des produits frais, et rappellent l’importance des mesures diététiques, consommation de fruits et légumes incluses, dans la prévention notamment de l’obésité et du diabète dont les prévalences vont croissant. Ils soulignent que leur propos n’est pas de promouvoir la consommation de produits « bio », « bien que », disent-ils, « nos données démontrent clairement que les aliments cultivés « bio » contiennent bien moins de résidus de pesticides ». Ils s’interrogent, sans certitude, sur les effets délétères des niveaux d’exposition aux pesticides relevés dans cette étude et concluent sur la nécessité d’efforts de recherche supplémentaires dédiés aux relations entre expositions aux pesticides et effets sanitaires chez l’enfant. Vous pouvez trouver l’étude originale :Lu C et coll. : Dietary intake and its contribution to longitudinal organophosphorus pesticide exposure in urban/suburban children. Environ Health Perspect, 15 janvier 2008. Dietary Intake and Its Contribution to Longitudinal Organophosphorus Pesticide Exposure in Urban/Suburban Children Chensheng Lu and al