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Malformations

Une étude de 2001[1] conduite en Californie montre que la mort du fœtus due à une anomalie congénitale est plus fréquente chez les mères qui vivent pendant leur grossesse dans une aire de 9 miles carrés autour d’un endroit  où l’on a pulvérisé des pesticides. La mort du fœtus due à une anomalie congénitale est plus fréquente encore si l’exposition de la mère aux pulvérisations de pesticides a eu lieu entre la 3ème et la 7ème semaine de grossesse

Une étude[2] réalisée par Santé Canada a montré que le risque de fausse couche et de prématurité était plus grand dans les familles dans lesquelles le père avait manipulé certains pesticides. Le risque de fausse couche était 1,9 fois supérieur si le père avait manipulé des thiocarbamates, du carbaryl et d’autres pesticides.

Et si les fœtus arrivent à terme ? Malheureusement des études montrent qu’il y aurait plus de malformations à la naissance pour les bébés conçus entre avril et juillet…pendant la période d’utilisation massive de pesticides selon une étude scientifique américaine[3]. L’objectif de l’étude était de voir si les bébés conçus pendant les mois durant lesquels les eaux de surface contiennent le plus de résidus de pesticides ont plus de risque d’être touchés par des malformations à la naissance. Résultats : les concentrations moyennes d’agrochimiques étaient les plus élevées d’avril à Juillet. Les malformations à la naissance, et 11 des 22 sous catégories de malformations, étaient plus fréquentes lorsque les mois de dernière période menstruelle étaient entre avril et juillet. Une association significative a été trouvée entre la saison de présence élevée d’agrochimiques et des taux élevés de malformations à la naissance.

Conclusions : Des concentrations élevées d’agrochimiques dans les eaux de surface entre avril et juillet coïncidaient avec un risque plus élevé de malformations à la naissance pour les mères dont le mois de dernière période menstruelle étaient entre avril et juillet. Un lien de cause à effet ne peut pas être prouvé par cette étude mais une association pourrait fournir une explication aux facteurs communs partagés par ces deux variables.

Une étude récente[4], française renforce l’hypothèse levée précédemment ! En effet, l’exposition environnementale des femmes enceintes à l’atrazine augmente le risque d’effets indésirables sur le fœtus. Les scientifiques ont suivi une cohorte de femmes enceintes de 2002 à 2006 en Bretagne. Résultats ? On note des risques accrus de faible poids et de faible circonférence crânienne à la naissance pour les bébés des mamans exposées à l’atrazine par leur environnement, probablement par l’eau de boisson, cela pouvant avoir des conséquences sur le développement futur de l’enfant.

 


[1] M.Bell, I.Hertz-Piccioto and JJ Beaumont, a case control study of pesticides and fetal death due to congenital anomalies. Epidemiology, 2001, 12: 148-156.

[2] “An exploratory Analysis of the effect of Pesticides Exposure on the Risk of Spontaneous Abortion in an Ontario Farm Population”, Tye Arbuckle et al. Env. Health. Perspective, vol 109, n°8, August 2001.

[3] Agrichemicals in surface water and birth defects in the United States Paul D Winchester , Jordan Huskins , Jun Ying . Acta Pædiatrica.Volume 98 Issue 4,Pages664-669

[4] Chevrier C, Limon G, Monfort C, Rouget F, Garlantézec R, Petit C, et al. 2011. Urinary Biomarkers of Prenatal Atrazine Exposure and Adverse Birth Outcomes in the PELAGIE Birth Cohort. Environ Health Perspect