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Plantes Génétiquement Modifiées

Les Plantes Génétiquement Modifiées (plus connues sont l’acronyme d’OGM) une alternative aux pesticides?

La réponse est bien évidemment non! Tout d’abord pour toutes les raisons exposées dans le dossier de Générations Futures consacré aux OGM  mais tout particulièrement parce que les faits sont têtus et qui dit OGM dit …. pesticides et toujours plus de pesticides!

Plus de 99 % des plantes génétiquement modifiées qui sont actuellement cultivées à la surface de la planète, ainsi que la quasi-totalité de celles qui font l’objet de demandes d’autorisation, sont des plantes dites « pesticides », c’est-à-dire qui accumulent des pesticides dans leurs cellules (« pesticide » étant le terme générique qui englobe les insecticides, les herbicides, les fongicides…).

Il s’agit soit de plantes qui produisent elles-mêmes l’insecticide leur permettant normalement de lutter contre un insecte ravageur (plantes Bt, 18 %), soit de plantes qui sont capables d’absorber un herbicide sans mourir (essentiellement le Roundup et le Liberty, 63 %), soit encore de plantes qui réunissent les deux propriétés (19 %). Les plantes qui n’ont qu’une seule propriété (production d’un insecticide ou tolérance d’un herbicide) sont les OGM de première génération. Celles qui font les deux sont les OGM de seconde génération (production d’un insecticide et tolérance d’un herbicide), de troisième génération (production de deux insecticides et tolérance d’un herbicide ou, inversement, production d’un insecticide et tolérance de deux herbicides), ou encore de quatrième génération (avec plus de trois caractères pesticides comme le maïs SmartStax du Canada qui produit six insecticides et qui tolère deux herbicides, le Roundup et le Liberty). Mais tous ces caractères combinés peuvent aussi être considérés comme des variantes de la seconde génération, ce qui est plus simple.

Concernant les plantes tolérant un herbicide, il s’agit cette fois essentiellement (mais pas exclusivement) de soja, de colza et de maïs qui ont donc été génétiquement modifiés pour pouvoir absorber un herbicide sans mourir. Les herbicides en question sont essentiellement le Roundup, produit par la société américaine Monsanto qui fabrique les plantes tolérantes au Roundup (plantes Roundup-Ready), et le Liberty, produit par la société allemande Bayer qui fabrique les plantes tolérantes au Liberty (plantes Liberty-Link).

Qui dit OGM dit …. Plus de pesticides

Les firmes de l’agro-industrie ont vu, avec l’exploitation agricole industrielle des OGM, la possibilité d’augmenter la vente de certains pesticides par la commercialisation de plantes OGM résistantes à ces herbicides particuliers, comme le fameux Round Up. Le principe est simple : quand des semences sont tolérantes à un herbicide, elles sont les seules à le supporter et le produit tuera donc toutes les autres « mauvaises herbes » du champ. Pour les fabricants de pesticides le bénéfice est double car elles vendent à la fois leur semence OGM (plus chère que la semence classique) et leur herbicide. 71 % des OGM cultivés sont ainsi conçus pour supporter un traitement à un produit herbicide [ex : le Round Up (glyphosate) sur le colza « Round Up ready » ou gluphosinate (Basta).] (1) La culture du soja transgénique résistant au RoundUp aux Etats-Unis a conduit à une augmentation des ventes de cet herbicide de 72% depuis 1997.

Charles Benbrook, scientifique reconnu aux USA, a évalué l’augmentation annuelle de la consommation de pesticides aux USA à plus de 15% en 2004. Cette augmentation régulière de la consommation de pesticides est causée par l’introduction des OGM en plein champ (2). On peut donc affirmer que la culture des OGM en plein champ fait augmenter la consommation des pesticides.

Legende : Changement annuel dans les quantités de pesticides utilisées suite à l’introduction de cultures transgéniques aux USA