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Publication de l’avis de l’Anses sur la sécurité des couches pour bébé

Des substances chimiques dangereuses dans des couches pour bébé

Depuis plus de 20 ans, plus de 95% des bébés portent des couches jetables.

L’Anses, qui a été saisie en janvier 2017 afin d’évaluer la sécurité des couches pour bébé à usage unique vendues en France, a rendu son avis. Cette saisine a été ordonnée alors qu’une enquête réalisée par le magazine 60 millions de consommateurs mettait en évidence la présence de substances chimiques dans les couches jetables pour bébé.

Dans le cadre de l’évaluation de l’Anses, 23 références de couches commercialisées en France ont été analysées, parmi lesquelles figurent aussi des couches écologiques. Les tests ont mis en évidence la présence de substances chimiques dangereuses, ainsi que les risques potentiels qu’elles représentent.

Parmi les substances retrouvées figurent des pesticides, du formaldéhyde, des dioxines, des furanes et PCB-DL, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des composés organiques volatiles, et également des substances parfumantes.

Notons que la majorité des pesticides retrouvés, mis à part le glyphosate, sont interdits dans l’Union européenne pour leur dangerosité (tels que le lindane et le quintozène depuis les années 2000, ou encore l’hexachlorobenzène depuis 2004). Par ailleurs, la nature des matériaux avec lesquels sont fabriqués les couches pour bébé ne sont pas tous connus (parfum, encres, etc.). Or, l’Anses nous apprend que « certaines étapes des procédés de fabrication mettraient en œuvre de la silice, dont une partie sous forme nanoparticulaire ».

La présence de ces substances chimiques dangereuses s’explique principalement par la contamination des matières premières (pesticides), les procédés de fabrication tels que le blanchiment ou le collage (PCB-DL, furanes et dioxines), ainsi que par la présence de produit synthétiques aux qualités absorbantes ou parfumantes.

Des tests de migration au contact de l’urine ont révélés que certaines substances telles que Les dioxines, les furanes et les PCB-DL, ou encore les HAP et le formaldéhyde peuvent se retrouver en contact avec la peau des bébés.

Des dépassements de seuils sanitaires ont été détectés pour plusieurs substances. L’Anses conclue qu’ « à ce jour et en l’état actuel des connaissances, il n’est pas possible d’exclure un risque sanitaire lié au port des couches à usage unique ».

L’Agence recommande la mise en place d’un cadre réglementaire « plus restrictif », l’amélioration des procédés de fabrication ou encore, que soit fixée une concentration maximale pour chacun des congénères des dioxines et furanes chlorées et PCB-DL à ne pas dépasser.  Il est aussi recommandé aux industriels de supprimer l’utilisation des substances parfumantes.

Le gouvernement a immédiatement réagi en convoquant les fabricants et les industriels au ministère de l’Economie le jour même. Il demande l’application immédiate de l’ensemble des recommandations de l’Anses. A ce titre, « les ministres exigent des fabricants et des distributeurs qu’ils prennent avant 15 jours des engagements pour éliminer ces substances des couches pour bébé ». Il est aussi annoncé que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes renforcera dès à présent ses contrôles et établira un bilan dans les 6 mois. Les ministres porteront au niveau européen un renforcement des règles protectrices et les études complémentaires demandées par l’Anses commenceront immédiatement.

« La révélation de la présence de substances chimiques dangereuses, pour certaines cancérogènes, ou encore perturbatrices endocriniennes, dans les couches pour bébé n’est pas nouvelle. Nous saluons la réactivité du gouvernement pour faire retirer sans plus attendre ces substances, à commencer par les parfums qui, rappelons-le sont ajoutés de manière intentionnelle par les fabricants. N’oublions pas que les industriels sont responsables de la sécurité des produits mis sur le marché. Alors que se tient actuellement la consultation publique sur la nouvelle Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, rappelons l’urgence d’informer les consommateurs, notamment pour des produits destinés aux populations particulièrement vulnérables, par un étiquetage listant les substances chimiques perturbatrices endocriniennes, dans l’attente de leur retrait pure et simple du marché », déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

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