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Nouvelles données scientifiques sur le glyphosate

Des concentrations quantifiables de glyphosate détectées dans les urines de 99 % de la population française,

Des chercheurs ont publié mi-janvier une nouvelle étude questionnant l’exposition de la population française au glyphosate, un herbicide largement utilisé en France et classé cancérigène probable par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC).

L’étude repose sur une campagne de grande ampleur, menée par l’association « Campagne Glyphosate », qui a recruté quelques 6848 « pisseurs volontaires » entre juin 2018 et janvier 2020. Les premières urines du matin ont été prélevées puis analyser pour quantification du glyphosate avec la technique « ELISA ». De par la méthode de prélèvement (les premières urines du matin étant en général plus concentrées) et la technique analytique utilisée, connue pour obtenir des taux supérieurs aux autres méthodes chromatographiques, les auteurs de l’étude précisent que les résultats obtenus permettent d’avoir « une estimation fiable de l’excrétion maximale de glyphosate ».

Les résultats sont assez édifiants : du glyphosate a pu être détecté et quantifié dans 99.8% des échantillons analysés. Les taux moyens retrouvés est de 1.19 ng/mL.

Outre cette confirmation que la très grande majorité de la population française est contaminée par l’herbicide, l’étude permet d’avoir un tableau descriptif des types de population les plus exposés et des facteurs favorisant une plus grande exposition :

Voici les grandes tendances retrouvées :

  • Globalement, les niveaux de contamination sont plus élevés au printemps et en été ;
  • Les niveaux de glyphosate retrouvés dans les urines sont plus élevés chez les hommes par rapport aux femmes ;
  • Les participants plus jeunes ont des taux plus élevés, et ces taux diminuent de façon constante avec l’âge ;
  • Le tabagisme engendre des niveaux de contamination plus élevés ;
  • Les habitudes alimentaires ont une influence sur les niveaux de contamination au glyphosate : une consommation importante d’aliments biologiques étant associée à un niveau de glyphosate plus faible et la consommation de bière, jus de fruits, d’eau du robinet non filtrée à des niveaux de glyphosate dans les urines plus élevés ;
  • Enfin, et sans surprise, la contamination au glyphosate est associée à la profession, les agriculteurs et en particulier ceux travaillant en milieu viticole étant les plus exposés.

Ces résultats confirment ceux déjà retrouvés par plusieurs études à l’international (aux Etats-Unis, au Danemark ou au Sri Lanka notamment). Bien qu’il soit difficile de faire une comparaison directe des niveaux quantifiés, les méthodes de prélèvement, analytique et d’expression des résultats étant différents selon les études, le tableau descriptif qualitatif est cohérent avec les données de la littérature scientifique internationale.

Comme le précise les auteurs de l’étude, il est difficile, avec ces résultats de taux urinaires, d’estimer le niveau réel d’exposition journalier au glyphosate. Selon l’Anses « des quantités de glyphosate de l’ordre de 1 µg/L dans les urines, correspondent à une exposition par voir orale inférieure à 1% de la dose journalière admissible ». Toutefois, rappelons que ces doses journalières sont définies à partir d’une base de données constituée essentiellement d’études fournies par l’industrie et en ne considérant pas le glyphosate comme génotoxique ou perturbateur endocrinien. Si ces 2 propriétés s’avéraient à être reconnues, en se basant sur l’ensemble de la littérature scientifique disponible, ces doses journalières admissibles seraient très certainement beaucoup plus basses.

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