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Présence de pesticides dans l’eau du robinet

De nombreuses raisons militent pour que l’on boive l’eau du robinet plutôt que l’eau en bouteille : elle est très peu chère, immédiatement disponible à la maison et bien plus intéressante du point de vue environnemental compte tenu de la fabrication, du transport et du recyclage des bouteilles.

Mais alors que les cours d’eau et les nappes phréatiques utilisées pour la fabrication de l’eau potable sont très souvent pollués principalement par les rejets agricoles, il est crucial d’informer correctement les consommateurs sur la qualité de l’eau du robinet après traitement. Les informations en mairie, sur la fiche adressée avec la facture d’eau ou encore sur le site du ministère de la santé, se révèlent souvent peu compréhensibles ou trop succinctes. C’est pourquoi, l’UFC-Que Choisir étudie depuis 2012 la qualité de l’eau du robinet au regard des pollutions rencontrées les plus fréquemment en France. L’association met en ligne également une carte interactive permettant d’informer de manière simple et immédiatement compréhensible grâce à un code couleur et qui fournit le cas échéant le détail des non-conformités sur l’eau desservie. C’est la 4e étude qui est publiée aujourd’hui, relayée aussi bien au niveau national, qu’en régions par les Associations Locales de l’UFC-Que Choisir.

Une étude critique des analyses de pesticides avec Génération Futures

En 2020, Générations Futures a publié un rapport montrant que le nombre de pesticides recherchés dans les analyses officielles de l’eau du robinet peut varier considérablement d’un département à l’autre, avec dans certains cas, un nombre de molécules recherchées particulièrement faible. Ainsi, des analyses jugées conformes mais réalisées sur un très faible nombre de molécules de pesticides pourraient passer à côté d’autres pesticides présents… mais non recherchés.

Générations Futures a également montré que les teneurs maximales en résidus de pesticides autorisées dans l’eau potable par la réglementation ne prennent pas en compte le fait que de nombreux pesticides sont fortement soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens (p.e.). Or il est établi que les perturbateurs endocriniens ont des effets sur l’organisme à des doses extrêmement faibles, potentiellement inférieures aux limites autorisées. Là encore, des prélèvements d’eau jugés conformes du strict point de vue réglementaire pourraient en réalité mettre en évidence la présence de p.e. suspectés à des doses susceptibles de conduire à des effets sur l’organisme.

Pour cette 4e étude sur la qualité de l’eau du robinet, l’UFC-Que Choisir et Générations Futures ont mis en commun leurs expertises en intégrant ces deux nouveaux axes d’analyse sur les pesticides.