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SDHI – Justice : Nos organisations demandent l’abrogation immédiate de 3 pesticides commerciaux

Les associations GENERATIONS FUTURES, NOUS VOULONS DES COQUELICOTS et FNE demandent l’abrogation de l’autorisation de mise sur le marché de trois pesticides à base de SDHI : le Keynote et l’Aviator Xpro, produits par Bayer et le Librax, produit par BASF.

Conférence de presse du 21 janvier 2020 à l’Assemblée Nationale © photo JoelLabbé

 

Un courrier à l’ANSES. Ces produits, qui s’attaquent à la fonction respiratoire des champignons pathogènes, s’attaquent également à celle des vers de terre, des abeilles et de l’homme. Ils sont donc particulièrement dangereux. Les associations demandent dans un premier temps à l’ANSES (Agence qui évalue et autorise les pesticides), par courrier du 21 janvier, d’abroger les autorisations de mise sur le marché (AMM) de ces trois pesticides contenant des SDHI.

Un recours au Tribunal Administratif. Compte tenu des éléments portés à la connaissance de l’Agence et de l’urgence sanitaire, cette abrogation doit intervenir dans les meilleurs délais. En cas de réponse défavorable ou en l’absence de réponse, les associations saisiront le Tribunal administratif de Lyon dans un délai de deux mois suivant l’éventuelle décision de refus d’abrogation.

Dans des affaires similaires, le tribunal administratif de Nice suite à une procédure initiée par Générations Futures, en novembre 2019[1], a annulé l’autorisation de mise sur le marché de produits dits « tueurs d’abeilles » à base de Sulfoxaflor. Le Président de cette juridiction avait dans un premier temps, en novembre 2017, suspendu la mise sur le marché desdits produits. Cette décision a été confirmée par le Conseil d’Etat.

« Alors que des scientifiques ont tiré la sonnette d’alarme en avril 2018, notre association a démontré l’omniprésence de ces molécules dans notre environnement[2] et a écrit[3] aux ministères concernés pour les inviter à prendre des dispositions dont des mesures de retrait des autorisations au niveau national et européen. Ces lettres sont restées sans réponse à ce jour. La seule réponse des pouvoirs publics à l’alerte des scientifiques fut une audition des chercheurs à l’ANSES sans prise en compte réelle du danger. De nouveau, des scientifiques s’inquiètent ce jour des effets de ces pesticides sur notre environnement et notre santé. Il faut que cette situation d’exposition des populations cesse au plus vite. » déclare François Veillerette, directeur de Générations Futures.

« Cette situation n’est pas acceptable pour nos organisations et visiblement il faudra encore une fois en passer par la justice pour espérer obtenir gain de cause. Au-delà de ce sujet des SDHI, c’est toute la politique d’évaluation et d’homologation des pesticides qu’il faut remettre à plat : il faut en effet que les évaluateurs prennent en compte l’ensemble de la littérature scientifique disponible[4]. Plus largement, il faut sortir notre agriculture de sa dépendance aux pesticides : c’est le sens de l’Appel des Coquelicots et de l’Initiative Citoyenne Européenne lancée par plus de 90 organisations européennes et qui demande la fin des pesticides de synthèse au sein de l’UE dans les 15 ans qui viennent.[5]» conclut-il.


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