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Pollution de l’air : un coût sanitaire considérable pour la France !

Une Commission Sénatoriale publie aujourd’hui un rapport sur le coût de la pollution de l’air qu’elle estime multi-sources dont les effets sur la santé sont nombreux et largement sous-estimés. Elle profite de ce rapport pour faire des propositions concrètes visant à réduire ce coût.

La Commission. Créée le 11 février 2015 et composée de sénateurs représentant l’ensemble des groupes politiques du Sénat, cette Commission d’enquête a souhaité dresser un constat sur la question de l’impact économique et financier de la pollution de l’air. Elle propose aussi de trouver des solutions afin de réduire ces coûts. Des chercheurs, des ONG, dont Générations Futures, les autorités et des entreprises ont été auditionnés. La Commission était présidée par le Sénateur Jean-François Husson (Les Républicains) et avait pour Rapporteure la sénatrice EELV, Leïla Aïchi.

Les données. Selon les estimations de l’OMS publiées en mars 2014, près de 3,7 millions de personnes sont décédées prématurément en 2012, du fait de l’exposition à la pollution de l’air extérieur. Des études montre un lien de causalité renforcé entre l’exposition aux PM2,5 et la mortalité et morbidité cardiovasculaire et respiratoire, un lien avec l’athérosclérose, des issues indésirables de la grossesse et des pathologies respiratoires chez l’enfant etc. L’agriculture, qui intéresse particulièrement Générations Futures, représente à elle seule 53 % des émissions de poussières totales en suspension, 20 % des PM10 (c’est plus que les transports !) et 9 % des PM2,5 et surtout 97 % des émissions d’ammoniac NH3… sans compter les pesticides qui n’ont pas été pris en compte dans les données du fait de manque de mesures.

Au moins 100 Milliards ! Le rapport conclut à un coût majeur pour la société mais qui serait largement sous-estimé. La Commission chiffre de 68 et 100 milliards d’euros par an pour la France les coûts sanitaires tangible (dépenses de santé remboursées par l’assurance maladie afin de prendre en charge les pathologies imputables à la pollution de l’air) et  intangible (dit coût social ou socioéconomique, associé à la mortalité et à la morbidité imputable à la pollution de l’air). Par ailleurs, le coût de la pollution de l’air intérieur a été évalué à un montant de près de 20 milliards d’euros par an. Au coût sanitaire, il faut ajouter un coût non sanitaire estimé à 4,3 milliards d’euros par an.

Réduction de la pollution = bénéfice sanitaires ! L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) a mesuré les bénéfices sanitaires pour la France associés à la baisse des émissions de polluants, en termes de mortalité et de morbidité. Il en conclut qu’à l’échéance 2030, le respect des nouveaux plafonds d’émission nationaux proposés dans le cadre de la révision de la directive européenne pourrait induire, en France, un gain annuel net de plus de 11 milliards d’euros.

« Si nous saluons le travail sérieux effectué par la Commission sénatoriale et l’implication majeure de certains sénateurs, nous regrettons que certaines mesures fortes sur l’agriculture, mesures attendues par Générations Futures et les populations qui subissent notamment une exposition aux pesticides, n’aient pas été retenues du fait de la réticence – résistance –  de certains élus. » déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.  «  De même outre la question des pesticides, l’ammoniac constitue une problème majeur pour la pollution de l’air. La France en est le 1er émetteur de l’UE, avec 649 kt en 2010. Pour réduire ces émissions, il faudra changer de braquet et promouvoir fortement les alternatives à l’agriculture dépendante aux intrants chimiques notamment en mettant en place des  cultures de couverture ou intercalaires et limitant l’épandage d’intrants favorisant cette pollution agricole. » ajoute-t-il. « Il faut maintenant que ce rapport essentiel ne reste pas sans suite. Ce travail et ces données sur le coût sanitaire de la pollution de l’air doivent dès à présent inciter les pouvoirs publics à prendre des mesures radicales visant à réduire drastiquement ce coût considérable pour notre société. Il en va de la santé publique et du bien-être de tous les citoyens, tout particulièrement les plus vulnérables, à savoir les enfants et les femmes enceintes. » conclut-il.

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