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Consultations publiques EFSA/ECHA sur le glyphosate

Des centaines de commentaires hors sujets du monde agricole…pendant que les ONG dont Générations Futures et l’INSERM pointent les mêmes manques dans le dossier !

La consultation publique sur le dossier de renouvellement du glyphosate (RAR) s’est achevée le 22 novembre dernier. Les commentaires reçus lors de cette consultation sont disponibles et visibles sur les sites de l’ECHA et de l’EFSA depuis le 02 décembre.

Forte mobilisation de l’agrobusiness argentin et français, souvent hors sujet!
Plus de 400 commentaires ont été déposés sur le site de l’EFSA. Cependant, ce chiffre est trompeur tant la consultation a été polluée par les acteurs de l’agrobusiness argentins. En effet, pas moins de 144 commentaires ont été publiés par des argentins issus d’organisations agricoles, tous basés sur le même modèle recopié quasiment à l’identique 144 fois. N’apportant absolument aucune information ou argumentaire, leur « accord » avec l’évaluation proposée dans le RAR est répété 144 fois. On se demande quel est l’intérêt d’une telle démarche si ce n’est de fausser les statistiques sur les commentaires reçus et de diminuer la visibilité des contributions apportant des arguments solides en défaveur de la ré-autorisation du glyphosate. On note également la large contribution (une centaine de commentaires environ) des agriculteurs conventionnels français, particuliers ou organisations et syndicats agricoles. Ici, l’argumentaire bien rôdé et toujours le même, ne porte uniquement que sur les conséquences économiques d’une éventuelle interdiction du glyphosate, ce qui est ici hors sujet. Rappelons en effet que cette consultation publique ne porte que sur le RAR, qui est un document d’évaluation de l’efficacité et des risques sanitaires et environnementaux de la substance. L’autorisation de n’importe quelle substance pesticide est en effet possible que si les risques pour la santé humaine et l’environnement sont acceptables. C’est donc bien de cela dont il est question dans cette consultation et non pas d’économie.
Au final, peu de participants à la consultation ont réellement fait l’exercice de commenter le RAR.

Des commentaires qui pointent les failles de l’évaluation
Les commentaires pertinents, faisant directement référence à des points précis du RAR, apportant des argumentaires construits et documentés viennent pour l’essentiel d’organismes de recherche et des ONG, dont Générations Futures.
La lecture de ces commentaires montre un point essentiel : sans concertation préalable, les ONG dont générations Futures, ainsi que les chercheurs sont tous unanimes sur plusieurs failles présentes dans le dossier. La principale étant que toute la littérature scientifique pertinente n’a pas été prise en compte, loin de là, et que de nombreuses études fournies par l’industrie ne devraient pas être considérées comme fiables, au regard de leur nombreuses faiblesses.
Si Générations Futures s’est focalisée sur la génotoxicité, d’autres organisations ont mis l’accent sur la cancérogénicité (par ex. HEAL qui propose un classement en catégorie 1B), la reprotoxicité, la neurotoxicité (par ex. la Dutch Parkinson association) ou l’écotoxicité (par ex. PAN Europe). Au final, ce sont tous les principaux points du dossier qui ont été analysés et pour tous, des failles importantes dans l’évaluation ont été soulevées.

La recheche médicale française qui alerte également
Cette consultation est aussi marquée par les commentaires d’un acteur majeur de la recherche médicale publique en France, l’Inserm. Laurent Fleury, directeur du pôle expertises collectives de l’Inserm a en effet commenté les points sur la toxicité aigüe, la neurotoxicité, la génotoxocité et la reprotoxocité et le caractère perturbateur endocrinien du glyphosate. Il rappelle aux 4 agences auteurs du dossier, dont l’Anses, que suite à l’analyse de la littérature scientifique, l’expertise collective de l’Inserm a mis en évidence des effets pro-inflammatoires au niveau des poumons, des effets neurotoxiques, reprotoxiques, des effets de perturbation endocrine et enfin des effets de stress oxydant et de dommage à l’ADN. Concernant la génotoxicité, Laurent Fleury précise que « les études montrant que le glyphosate a des effets génotoxiques sont plus importantes en termes de qualité et de quantité que celles suggérant une absence d’effet ». Il rappelle aussi que ces différences de conclusions entre l’Inserm et le RAR viennent du fait que l’Inserm a pris en compte des études de la littérature scientifique, faites sur les formulations, jugées non pertinentes dans le RAR. Aussi, comme Générations Futures l’a souligné, il est plusieurs fois rappelé que les études faites sur des organismes non-standards comme les poissons « méritent » d’être prises en compte dans l’évaluation.

Et ensuite?
« Nous attendons maintenant le retour des 4 états membre rapporteurs qui ne peuvent rester silencieux face à de tels commentaires, corroborés par la référence de la recherche médicale française, montrant tous que l’évaluation dans son état actuel n’est pas acceptable. Il est impératif que TOUTE la littérature scientifique pertinente soit incluse dans cette évaluation. » déclare Pauline Cervan, responsable scientifique et règlementaire à Générations Futures.

Relire notre rapport critique sur le dossier d’évaluation du glyphosate

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